LE MARTINISME

Par Gustav Lambert Brahy

 

... Suite et Fin...

 Il faut, pour terminer, définir ce que Saint Martin entend par l'expression "désir", et "l'homme de désir". Le désir, dit-il, est le propre de l'homme, le signe de sa misère et de sa grandeur. Le désir, c'est le sentiment douloureux de ce qui sépare l'existence de l'essence, et la nécessité de les unir. Le désir, pour Saint Martin, c'est l'aspiration douloureuse de l'homme déchu vers le retour à sa condition première. N'est-ce pas là la marque la plus évidente de la spiritualité, celle qui admet son imperfection provisoire, sa dépendance entière vis à vis du ciel, mais qui sait que la prière élevée vers Lui est, comme l'échelle de Jacob, le moyen le plus sûr et le plus efficace pour s'élever et regagner progressivement le monde de la Divinité ?

 A travers les paradoxes et les contradictions, cette profession de foi demeure la formule la plus sûre peur nous ouvrir le chemin de la Réintégration.

 Voici un texte du Philosophe Inconnu, Louis-Claude de Saint Martin, à propos des symboles mythologiques; il serait difficile, me semble-t-il, de mieux définir la portée exacte du "signe":

 "En aucun temps, chez aucun peuple, on n'a vu faire usage de figures plus belles et glus nobles que les choses figurées. Ne serait-ce pas renverser toutes les notions que nous avons de la marche de l'esprit de l'homme que de prétendre qu'il a employé le supérieur pour l'emblème de l'inférieur, et qu'il a imaginé des symboles et des hiéroglyphes plus élevés et plus spirituels que ceux l'objet qu'il voulait désigner ? "

 "N'est-il pas certain, au contraire, que le vrai but de l'emblème est de voiler aux yeux du vulgaire quelques vérité, dont l'abus ou la profanation serait à craindre si elle était révélée; de faire en sorte qu'il soit difficile à celui qui n'est pas digne de cette vérité de la découvrir et d'y remonter par l'emblème, tandis que ceux qui sont heureusement disposés apercevront d'un coup d'œil tous les rapports qu'il renferme."

 "N'est-il pas certain aussi que les symboles et les hiéroglyphes sont des tableaux ou des signes destinés à rendre sensibles au plus grand nombre les vérités et les sciences utiles, et à les faire comprendre à ceux dont l'esprit borné ne pourrait les apercevoir, ni en conserver le souvenir sans le secours de ces signes grossiers ?"

 N'est-ce pas là une splendide introduction à l'étude de l'alchimie ? Comme aussi de l'astrologie ?

 

Gustave-Lambert BRAHY