Voici un premier extrait du livre : "Le Martinisme. les Serviteurs Inconnus du Christianisme" de Jean-Louis de Biasi paru en 1997 aux éditions de la SEPP.

 

... Aujourd’hui, le martinisme est généralement structuré selon trois grades ou degrés. Les dénominations sont parfois différentes selon les Ordres, mais classiquement on retrouve Associé (1°), Initié (2°), Supérieur Inconnu (3°) et un 4° degré, celui de Supérieur Inconnu Initiateur.

  Il n’existe pas de vitesse d’avancement, puisque celui-ci est fonction du degré de maturation de l’étudiant.

  Les procédures d’initiation classiques impliquent une ou plusieurs enquêtes destinées à savoir si l’esprit du martinisme peut convenir au postulant. Il est ensuite reçu lors d’une initiation.

  En dehors de ces rites, un groupe martiniste se réunit une ou deux fois par mois. L’Ouverture et la Clôture rituelle de la réunion sont conduites par le responsable, assisté dans certains rites par quelques frères ou sœurs assurant des fonctions précises et symboliques. Durant la période de travail proprement dite, diverses possibilités sont données qui diffèrent selon les Ordres ou groupes. Des textes propres à l’Ordre peuvent être lus et commentés, des travaux faits par les membres peuvent être lus et discutés, etc. Dans certains cas des ouvrages, tels que le « Traité de la réintégration des êtres » sont étudiés en commun. Des périodes de prières et de méditations peuvent être guidées par un Supérieur Inconnu, équilibrant ainsi la dimension théorique et mystique propre à ce courant.

  Les recherches des membres lus durant les travaux de groupe ont pour objectif de permettre un travail et une réflexion individuelle sur un support symbolique particulier ou sur une question qui est au centre des préoccupations des participants. Nous vous donnerons quelques exemples de travaux en annexe pour vous donner une idée sur la façon dont les travaux de réflexion sont élaborés. Il est par exemple possible de réfléchir sur le symbolisme de l’épée et d’en dégager des éléments qui vont amplifier une compréhension plus large du rituel et par extension de certains éléments de la personnalité et de la psyché. D’une manière plus explicite, des travaux sur les « Maîtres passés », sur « l’amour » ou sur « la place de la femme dans la tradition ésotérique » permettent de porter un regard plus large sur le monde dans lequel nous vivons. Dans tous les cas les réflexions théoriques ou symboliques sont propres à l’initié et reflètent sa compréhension personnelle. Comment pourrait-il en être autrement ? Ces travaux ne sont donc en rien des paroles définitives sur le martinisme. Pour pouvoir parler au nom de la tradition, il faudrait considérer des étapes de l’initiation dont bien peu ont idée...

  Dans le cas d’autres Ordres martinistes, un ensemble de pratiques tant mystiques que théurgiques est transmis aux frères et sœurs qui peuvent les mettre en œuvre en dehors du groupe dans leur oratoire personnel. Vous en aurez quelques exemples dans la partie pratique. L’objectif consiste à donner des éléments réellement opératifs qui peuvent aider le nouvel initié à avancer sur le chemin. Les oraisons, prières et rites individuels sont des outils extrêmement utiles. Les réunions de groupe prendront d’autant plus de vigueur et auront d’avantage d’impact et de force, que les pratiques individuelles seront fréquentes. C’est là un véritable processus d’imprégnation qui va vivifier chaque jour le psychisme inconscient et conscient du pratiquant jusqu’à le rendre extrêmement réactif au rituel et aux énergies présentes dans ce type de travail. Nous ne pensons pas qu’il soit suffisant d’assister aux rites des réunions martinistes pour avancer réellement dans la voie elle-même. Le travail individuel est une nécessité pour celui qui ne désire pas dépendre uniquement du groupe dans lequel il se trouve.

...

portail