Georges Bogé de Lagrèze, Mikaël.

Georges Lagrèze naquit à Dijon (Côte d'Or) le 14 décembre 1882 de Paul Aristide Lagrèze et d'Ernestine Bogé, son épouse.

A l'âge adulte il devint professionnellement acteur de théâtre, metteur en scène et animateur de casino. Peut-être parce qu'il était homme de spectacle, se fit-il alors appeler Georges Bogé de Lagrèze, mais il était aussi connu dans le monde occulte sous son " nomen mysticum ", " Mikaël ".

Son goût pour les cérémonies le poussa à s'instruire de tous les rituels de la Franc-Maçonnerie et des sociétés parallèles. Il en eût amplement le loisir car ses activités professionnelles l'amenaient à voyager, non seulement dans toutes les villes de France, mais aussi en Suisse, en Algérie et en Egypte. Partout où il allait, il fréquentait des Loges Maçonniques et se faisait recevoir dans quelque nouvelle Société Secrète. Ce fut certainement l'un des hommes les plus initiés de son temps.

Il avait été consacré Supérieur Inconnu Initiateur du Martinisme par " Teder " en 1908 et il avait participé à l'ancien Suprême Conseil Martiniste de " Papus ". Il avait aussi reçu le 09 septembre 1909 de John Yarker le grade de " Sublime Maître du Grand Oeuvre (90ème) du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm (D'après Photocopie du diplôme conservé aux archives du Rite à Bruxelles).

En 1912 au Caire il rencontra des " Babystes " (maintenant appelés Baha'i) et des immigrés russes s'intéressant à l'Occultisme (lettre de G. Lagrèze à Papus: Fond Papus, bibliothèque de Lyon). C'est là aussi qu'il fit la connaissance du français Eugène Dupré et de son ami le grec, Démétrius Platon Sémélas. Ce dernier, par ailleurs fondateur de l'Ordre du Lys et de l'Aigle, l'aurait initié, selon J. Malinger, à la Rose + Croix d'Orient.

Après la guerre de 1914 / 1918, G. Lagrèze semble avoir accepté la direction de Jean Bricaud à la tête des sociétés occultistes françaises issues de Papus, vu qu'il possédait le titre d'Inspecteur Principal et membre du Suprême Conseil de l'Ordre Martiniste (Lyon) (Annales Initiatiques n° 6 - 1921).

Au début des années 1930, il se sépara de Bricaud et se rallia à l'Ordre Martiniste et Synarchique de Victor Blanchard, dont il devint Grand Maître Substitut. C'est alors qu'il s'unit à Rombauts et aux autres dissidents belges qui s'étaient aussi libérés de la tutelle de Bricaud.

Il participa au 1er Convent de la " FUDOSI " (août 1934, Bruxelles) où il fut reconnu Grand Maître pour la France de Memphis-Misraïm (C.F. voir historique et dissension avec Constant Chevillon). Il fut à cette occasion initié aux autres sociétés initiatiques représentées lors de ce Convent (Ordre des Samaritains et Ordre Pythagoricien d'Hermès Tétramégiste), dont il devint Grand-Maître.

En 1937, il fut ordonné " Grand Profès " de l'Ordre des C.B.C.S. par certains dignitaires du Grand Prieuré d'Helvétie, tels que le Grand Chancelier Amez-Droz ou encore Lesius (revue Initiation, juillet, août, septembre 1960) et reçût le " nomen ": "Eques Rosae Caritatis ".

Début 1939 avec Jeanne Guesdon (Grand Secrétaire de l'AMORC pour la France) et d'autres, il abandonna l'Ordre Martiniste et Synarchique de Blanchard pour rallier l'Ordre Martiniste Traditionnel d'Augustin Chaboseau (réorganisé en 1938), ou il devint Inspecteur Principal et Grand Chancelier.

Au 4eme Convent de la FUDOSI, en août 1939 à Bruxelles, il représentait les Ordres suivants:

- Ordre Martiniste Traditionnel.
- Ordre du Lys et de l'Aigle (G.M.: Eugène Dupré).
- Ordre des Samaritains Inconnus.
- Ordre Kabbalistique de la Rose + Croix (G.M.: Augustin Chaboseau).

Ce fut également lui qui conféra à Ralph Maxwell Lewis, " Impérator " de l'AMORC, le grade de Supérieur Inconnu Initiateur du Martinisme (O.M.T. le 1er septembre 1939, et qui s'occupa de lui envoyer les documents et Chartes pour établir aux Etats-Unis un Grand Conseil régional de l'Ordre Martiniste Traditionnel (Certificats d'Initiation et Charte contenues dans: " Martinist documents ", AMORC 1977).

En 1944, il fut élevé à la fonction de Grand Hièrophante, Grand Maître Général du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm.

Il avait également été consacré Evêque de l'Eglise Gnostique Universelle sous le nom de " Tau Markos " en 1941.

George Lagrèze était en outre, 33eme degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté, Grand Maître de l'Ordre des Chevaliers Maçonniques Elus-Cohens de l'Univers et Grand-Maître de l'Ordre de Swedenborg.

Selon Jean Malinger, Georges Lagrèze connaissait par coeur tous les rituels des sociétés dont il s'occupait, et il dirigeait les cérémonies à la perfection.

Il avait épousé Marie Dubroca, puis Armande Marie Comte après le décès de la première.

George Bogé de Lagrèze mourut le 27 avril 1946 à Angers, peu après la mort d'Augustin Chaboseau (janvier 1946).

Ces deux décès ajoutés aux assassinats de Constant Chevillon (G.M. pour la France) et George Delaive (G.M.pour la Belgique), laissèrent le courant initiatique Egyptien exsangue. Sa succession spirituelle fut assumée par Robert Ambelain à qui il avait remis et transmis toutes ses filiations pendant la guerre.

Sources : www.grandelogefrancaisedememphismisraim.fr